L'actualité du football européen à travers ses buteurs d'exception.

vendredi 4 avril 2014

On 4/04/2014 by Unknown in
Ces derniers jours, la situation sportive d’Edinson Cavani a été évoquée dans la presse. De nombreuses rumeurs comme quoi l’uruguayen est malheureux dans le club de la capitale ont été relayée sur les réseaux sociaux du monde entier et ont pris une telle ampleur que l'ancienne gloire de Naples a dû répondre publiquement dans la semaine dernière dans une interview donnée à BeIn Sport. Malheureux ? Mal exploité ? Critiqué ? Numero-neuf revient sur la situation d'Edinson Cavani et vous explique pourquoi il doit être satisfait de sa saison.

Alors que Blanc exprimait récemment que Cavani était heureux au club après les huitièmes de finale face à Leverkusen, la presse anglaise annoncé déjà Cavani à Manchester United la saison prochaine. Et pourtant, l’ex-idole du Napoli n’est pas si malheureuse que ça. S’il a admis, lors de cette interview, que jouer dans le couloir droit au PSG est complètement différent que de jouer dans l’axe, El Matador a tout de même claqué 15 buts en 24 matchs (dont 19 titularisations). Il a également offert deux passes décisives à son compère de l’attaque, Zlatan Ibrahimovic. Le suédois est au sommet de son art et contribue grandement à la belle santé du PSG en Ligue 1 comme en Europe mais il serait injuste de penser que Cavani n’y a pas contribué. Car oui, il y a grandement contribué. En décembre 2013, la paire Zlatan/Cavani avait déjà fait transpirer un paquet de défenses et OptaJean nous informait, en Décembre, que leur duo avait inscrit 24 pions, soit plus que 17 des 20 clubs de Ligue 1 cette saison.


Du haut de ses 14 buts en championnat, l’international uruguayen en a  également claqué 4 en 7 matchs de Champions League et 2 dans les coupes nationales. Au total, Cavani a planté 21 buts en 36 matchs, toutes compétitions confondues. Rappelons qu’il a manqué un mois de compétition à cause d’une blessure à la cuisse. Une blessure qui l’a empêché de jouer 5 matchs en Février mais également deux autres à cause d’un retour au pays et un divorce à gérer. Pas évident. C’est d’ailleurs en partie pour cela que sa saison doit être considérée comme réussie. Claquer 22 buts en ayant manqué 7 matchs, c’est déjà une performance. Mais ce n’est pas tout, parmi ses 22 buts, il y a celui-ci et Mickaël Landreau s'en souvient encore...



On ne sait pas vraiment si c’est un pur numéro neuf, axial à tout prix ou si justement,  jouer sur un côté comme il le fait au PSG  (à droite) ou avec sa sélection (à gauche) constitue sa préférence. Toujours est-il que Cavani fait le boulot défensivement avec une débauche d’énergie incroyable dans le repli comme dans le pressing. Des qualités insoupçonnées de ceux qui ne voyaient de Cavani, seulement ses buts, dans la Gazetta de L’Equipe du Dimanche. Offensivement, on l’a dit, le bilan est bon, là aussi Cavani a fait le boulot et la saison n’est pas terminée. Claquer 15 pions dans un championnat où les défenses ont la réputation d’être aussi physique que rigoureuse tactiquement, c’est un bon bilan. Surtout lors d’une première saison.


« Cavani n’a rien à démontrer, il a marqué beaucoup de buts, même dans une place qu’il n’aime pas. Il a été blessé, il met du temps à retrouver ses sensations, c’est normal après une blessure. Et il continuera à marquer des buts en fin de saison. Il faut qu’il soit bon, quelle que soit sa position. Cavani n’est pas qu’un buteur qui reste dans sa surface de réparation, c’est pour ça qu’il est utile. Il défend, il se bat, il harcèle les adversaires donc c’est très bon pour nous. » Laurent Blanc

Cavani doit s’adapter et s’intégrer. Il s’agit seulement de sa première saison et bien qu’il y ait énormément de sud-américains et d’anciens joueurs du Calcio et par conséquent d’anciens coéquipiers comme Pastore ou Pocho Lavezzi, les performances de Cavani sont toutes à son honneur. Ce n’est jamais évident d’arriver dans un nouveau pays avec une langue et une culture différente, surtout pour les joueurs d'Amérique latine. Des performances qui ont propulsé El Matador à la seconde place du classement des buteurs de la Ligue 1 mais aussi dans le TOP20 des meilleurs buteurs d’Europe avec 22 buts. C’est tout bonnement exceptionnel pour un joueur dans une phase difficile. Parlons-en de cette phase difficile… depuis 2014, il n'a marqué que 3 buts en 10 matchs, toutes compétitions confondues. Alors certes, Cavani est un top player, mais c’est avant tout un homme. Un homme qui vient de divorcer et qui avait probablement la tête ailleurs que sur les terrains. C'est aussi un homme qui revient doucement mais sûrement d’une blessure qui l’avait éloigné des terrains. Bien qu'exceptionnel, ce n’est pas un surhomme. Il peut souffrir, comme vous et être convalescent, comme vous.
Alors, en aucun cas sa contribution collective dans cette équipe du PSG ne peut être jugée comme décevante ou être remise en question. Des performances en dents de scie, certes, mais laissons-lui le temps. Il a démarré la saison pleine balle, comme le montre ce tweet d’Opta avec 10 buts en autant de matchs, toutes compétitions confondues. On sait de quoi il est capable, laissons-lui le temps d’être régulier.



Laurent Blanc possède donc un joueur dont la valeur est estimé à 64 millions d’euros et qui a été recruté pour rendre l’équipe encore plus efficace offensivement. Intraitable même. À ce jour, le PSG a d’ores et déjà un nombre de buts inscrits supérieur à celui de la saison dernière et a même dépassé la barre des 100 buts. Avec  36 matchs joués, on peut alors affirmer que Cavani a tout bonnement fait ce que le club avait envisagé de faire : dominer les défenses, marquer des buts et gagner des matchs.

Cavani prouve qu’il est un grand professionnel en mettant sa situation personnelle après celle du collectif. Une débauche énergie digne d’un pitbull, des efforts innombrables à chaque match. Comment imaginer revoir jouer Jérémy Menez dans ce couloir droit, quand on voit la volonté, l’envie et la combativité dégagée par El Matador ?



Enfin, si la paire qu’il forme avec Zlatan Ibrahimovic n'a pas fini de faire transpirer défenseurs et gardiens de but, elle a répondu à toutes les attentes. Et la saison n'est pas finie. Cavani peut se sentir frustré de ne pas se retrouver dans les mêmes situations offensives que son compère de l’attaque mais l’uruguayen sait que ce n’est que temporaire. Avec un Zlatan Ibrahimovic qui va avoir 33 ans en octobre prochain, il semble logique qu'El Matador aura bientôt les clés de la baraque. Un déclin naturel du suédois et l’éventuelle hausse du niveau de jeu affiché par Cavani pourrait faire trembler la hiérarchie très vite. Exemplaire de rigueur défensive et d'investissement lors de la victoire face à Chelsea, le numéro neuf va profiter de l'absence d'Ibrahimovic pour retrouver l'axe de l'attaque parisienne. Et quelque chose nous dit que c'est lui qui emmènera le PSG en demi-finale de la Coupe aux grandes oreilles...


Anthony.S