L'actualité du football européen à travers ses buteurs d'exception.

vendredi 28 novembre 2014

On 11/28/2014 by Unknown in ,
En 2011, le club de Palerme envoie ses émissaires en Argentine pour négocier la venue de Franco Vasquez du club de Belgrano. Ils négocient autour d'un bon repas typiquement argentin et Luca Cattani, ancien directeur sportif de Palerme, se régale. C'est le moment qu'a choisi Juan Carlos Barrera, le Président du club de l'Instituto de Córdoba, plein de culot, pour faire son apparition. «Alors, vous êtes là pour Vásquez? Bon choix, mais j'ai un meilleur joueur, un joueur qui est beaucoup plus fort que lui » lâche-t-il.

Jamais à l'affut d'une bonne affaire, Cattani prend en compte les avances du Président. « Le joueur était bien sûr Paulo Dybala ». Cattani le supervise à quatre reprises mais au bout du 1er match, Maurizio Zamparini, Président du club de Palerme, avait déjà décidé de l'acheter.
« J'ai compris immédiatement qu'il était au dessus du lot, comme Cavani, comme Pastore » Zamparini, Président de Palerme
Dybala venait tout juste d'avoir 18 piges et brillait déjà en deuxième division argentine. Il est devenu le plus jeune buteur du club de l'Instituto, battant le record du club détenu par un certain... Mario Kempes, champion du monde 1978, rien que ça. Sa première saison, il l'achève avec 17 buts en 38 matchs. Quelques hat-tricks et 6 buts en 6 matchs consécutifs. Le gamin est chaud, très chaud.

Son surnom de « Pibe del la pension », Dybala le doit à son arrivée au club après la mort de son père. Le club l’héberge, le nourrit, le forme. Le gamin leur rend bien, c'est un phénomène en puissance. Même en deuxième div argentine, paumé à Cordoba, l'Inter, Naples et bien évidemment Porto lui faisaient déjà les yeux doux.

Pourtant, Zamparini avait décidé qu'il remporterait ce deal, que personne ne l’empêcherait d'enrôler Dybala. Il a rien lâché, malgré des négociations compliquées, notamment avec la présence d'une tierce partie. Il a aussi profité du buzz créé autour d'un autre joueur, et on le connait bien en Ligue 1. Effectivement, dans le même temps, Lucas Ocampos, aujourd'hui monégasque, explose à River et à cette époque, c'est toute l'Europe qui se l'arrache. Palerme la joue en douce et en 2012, le club au maillot rose signe Dybala pour 12 millions d'Euros. Il s'agit du transfert le plus cher de l'Histoire du club. Après les départs de Pastore et Cavani, autant vous dire que Zamparini n'a pas eu de difficultés à signer ce chèque.  

Les premières impressions sont bonnes, Dybala marque dès la préparation. Avec 3 buts en 27 matchs lors de la saison 2012/2013, on ne peut pas dire que le gamin ait marqué les esprits. Palerme est relégué. Dybala est considéré comme un flop. Cependant, difficile de juger cette première saison, dans un nouveau pays, dans une culture nouvelle, un football différent. Un football exigeant, surtout. Il n'a pas aidé par ses entraîneurs qui l'ont utilisé un peu partout sur le flanc de l'attaque. L'enfant avait besoin de stabilité, d'un seul poste, d'un seul rôle. 




En Serie B, Dybala est attendu dans un championnat moins relevé. Mais il n'explose pas. Son entraîneur de l'époque, un certain Gennaro Gattuso déclarait alors : « Paulo doit se réveiller. Il doit être plus régulier. Il ne peut pas croire que le match est gagné car il réussit quelques dribbles. Il doit courir plus, délivrer plus de passes décisives et marquer plus que ça. Il ne peut pas arriver à la 15ème journée sans avoir marquer le moindre but. Je ne dis pas ça parce que je suis fou, mais parce que je suis conscient de ce qu'il peut faire ».

Gattuso se fait aussi lourder, Beppe Iachini le remplace et revient dans la course à la montée. Les buteurs sont Hernandez, Lafferty et Belotti, pas Dybala. Blessé pendant 4 mois, Dybala, frustré, n'est pas abattu et est prêt à prendre sa revanche. Il doit planter, et il le sait. 

Son inefficacité aura duré 405 jours et a pris fin après une victoire face à Bari, en Mars. Il a marqué deux fois lors des trois matchs qui ont suivi. Quelque chose a changé. Son entente avec Vasquez est bonne. Dybala marque deux nouveaux buts lors de victoires remportées face à la Reggina et Latina. Palerme remonte en Serie A, Zamparini laisse Hernandez partir à Hull et Laffterty signe à Norwich. Des choix étonnants car ces deux buteurs avaient inscrits 25 buts. Zamparini a confiance en Dybala et Vasquez auteurs seulement de 9 buts et attendaient d'eux qu'ils explosent en Serie A.

Et c'est exactement ce qu'ils ont fait. On est le 28 novembre, Dybala a déjà marqué autant de buts que lors de sa saison en Serie B. Sa frappe somptueuse contre le Genoa le week-end dernier n'était pas seulement techniquement parfaite, c'était son 3ème but consécutif, son 5ème cette saison. La facilité avec laquelle il a éliminé Burdisso dans ce match témoigne de la grande confiance avec laquelle il joue en ce moment. 




Numéro neuf dans le dos, Dybala se bouge le cul. Disons les choses comme elles sont. C'est le troisième joueur qui réussit le plus de dribbles en Serie A (déjà 40). C'est un client difficile en un contre un. Il a ouvert le score lors de la victoire face à Cesena. Il tire Palerme vers le haut, obtient des pénaltys, comme face à l'Udinese. A 21 ans, Dybala a un style à la Giuseppe Rossi, à la 'Toto' Di Natale. Auteur de 5 buts, il a aussi touché 3 fois le poteau cette saison. 

« La Joya », comme l'appelle Zamparini, a crevé l'écran lors de la victoire 2-0 de Palerme face au Milan AC. Il n'y avait pas meilleur moment pour marquer son premier but à l'extérieur. Dybala est le 4ème joueur du Calcio qui tire le plus (42 tirs cette saison). Ces performances sont tellement impressionnantes que le sélectionneur italien, Antonio Conte le suit de près. Le joueur est argentin, possède la nationalité italienne et polonaise mais semble vouloir jouer dans l'Albiceleste. 

Estimé à 42 millions d'Euros, prix de vente de Pastore, ce qui est peut-être démesuré, notamment quand on sait que Zamparini dit qu'il sera meilleur qu'un certain Léo Messi, Dybala est en négociation pour prolonger son contrat à 2016. Reconnaissant de la patience qu'a eu Palerme à son égard, il y a fort à parier que cela se fera. La destin, putain.



Anthony.S